Message du Frère Visiteur Provincial Jean-René Gentric




ENFANTS DE L’ÉCOLE PRIMAIRE, COLLÉGIENS ET LYCÉENS, ADULTES, ÉDUCATEURS, MEMBRES DU PERSONNEL ADMINISTRATIF ET DES SERVICES


Ce n'est pas sans émotion que je m'adresse à vous ce matin en cette circonstance si particulière.

Ces vacances avaient-elles à peine commencé que nous vivions le drame de Conflans Ste Honorine avec l'assassinat de cet enseignant.

Il aurait pu être l'un de nos collègues, il aurait pu être notre enseignant. Ses élèves l'aimaient. C’était un homme libre, il enseignait la liberté.

Plus tard, trois chrétiens étaient égorgés à Nice. Ils étaient venus en cette basilique pour prier, pour confier à Dieu leurs soucis, leurs familles, pour rendre visite au seigneur : leur ami, leur confident, celui en qui ils avaient pleine confiance celui qui savaient les écouter, les apaiser.

Ce matin, au lendemain de ces événements douloureux, nous reprenons le chemin de notre école, de notre classe, de notre salle des professeurs, de notre bureau, heureux d'y retrouver nos amis, avec qui nous avons envie, non seulement de parler, mais d'être en proximité, d'être rassurés, d'être en confiance.

Et cet espace nous l'aimons parce que c'est un espace bienveillant, nous désirons qu'il soit empreint de fraternité c'est à dire habité par la fraternité et peut-être aussi, même si ce n'est pas toujours naturel et facile, par l'amitié.

Nous ne sommes pas l'ami de tous mais nous voulons, pour chacun, qu'il soit heureux. Nous voulons participer à son bonheur. Ainsi se construit, au jour le jour, la fraternité.

Chacun, au fond de son coeur pourra dire : "Je n'en suis pas capable, je ne suis pas assez tolérant, je n'aime pas mon voisin, ma voisine, mon collègue " Très juste !

Alors comment, moi là où je suis, vais-je construire la paix ?

Je suis comme le colibri de la forêt amazonienne qui devant le feu s'activait en allant chercher quelques gouttes avec son bec pour éteindre le feu.
Le tatou lui dit : " Tu es fou, quelques gouttes pour éteindre le feu ! "
Il lui répondit : "Je le sais, mais je fais ma part ".

Alors, sans tarder, mettons-nous au service de la fraternité. Nous qui aimons les notes : Quelle note je m'attribue en fraternité ? Pas celle que je donne à mon voisin, à ma voisine, à mon collègue, mais à moi-même : c'est mon coeur qui met la note.

Alors ai-je la moyenne ?

Mon coeur me répond : "Tu as beaucoup de possibilités et tu peux donc progresser ".

L’Apôtre Saint Paul, prophète de l'amour par excellence donc des valeurs qui nous touchent, qui touchent tous les hommes depuis 2000 ans, qui que nous soyons, quelles que soient nos convictions, dans une de ses lettres écrit : "Tenez bon les pieds chaussés de l'ardeur à annoncer l'Evangile de la Paix ".

Chaque matin désormais enfilons-les " Chaussures de la Paix ".

St JB de La Salle nous dit " L'amour de Dieu vous presse ". Laissons-nous embraser par cet amour.

Frère Jean-René GENTRIC

Visiteur Provincial

2/11/2020